L’ŒUVRE DE CAÏN a un petit frère et on s’affaire pour la petite soeur !

 

Très heureux des multiples échos (très) positifs autour du roman, tant du côté critique que de la part de collègues ou de purs lecteurs, je me réjouis de disposer DEJA (vu les conditions particulières de la procréation… Voir le PS ci-dessous) d’une deuxième salve d’aventures de mon héros Valentin Dullac. Deux ans de travail immersif pour une grande aventure se déroulant cette fois en Grande-Bretagne. Et… SCOOP… j’ai commencé les préliminaires de la troisième salve, qui devrait ramener notre personnage en Belgique.

NB. Ce roman est un cas un peu spécial . Il avait été écrit il y a des années et retenu par 3 éditeurs mais il n’a pas eu le temps de paraître, il y a eu une faillite, des mésaventures, j’ai été happé par d’autres chantiers, l’ai laissé sommeiller. Un jour, entre deux projets, je l’ai ressorti, retravaillé, adapté, puis je suis reparti sur d’autres immersions… Mais je l’avais envoyé. Il a retenu des attentions. J’ai appris qu’il vivrait enfin… alors que je terminais un blocus de deux ans autour d’un nouveau roman, où le héros de L’Oeuvre de Caïn réapparaissait. En clair, ce 3e roman publié est mon 2e écrit. Mais je l’ai tellement réécrit qu’il se situe au final entre les moi écrivains d’hier et d’aujourd’hui, je me le suis réapproprié.

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Nouvelles estivales et bref avis de parution…

L’Oeuvre de Caïn est enfin sortie !!! Alors que j’étais en vacances montagnardes, en ce début août 2012. Mais je peine à suivre, étant englué dans d’énormes problèmes informatiques depuis la fin juin. Tant pis pour la fidélité, le grand nettoyage et du nouveau matos, on investit. Mais je passe de l’enfer aux limbes. Pour un temps.

Mon rapport à l’écriture

Dans Une vie et une passion inextricablement liées, j’ai raconté l’histoire de ma rencontre avec la narration, de manière détaillée et pourtant lacunaire, car elle passe sous silence l’immense influence de la fiction télévisuelle ou cinématographique. Mais mon rapport avec l’écriture au présent ?

Avant d’être un plaisir, l’écriture est une nécessité. J’écris, donc je suis. Depuis toujours. Je n’ai jamais arrêté, même s’il m’arrive fréquemment de douter. Mon credo, c’est la création, l’Art. La musique, la littérature, le cinéma, la BD, la peinture, l’architecture… Comme le maître Golding, je pense qu’il ne s’agit pas là d’activités contingentes mais d’une médiation fondamentale entre les hommes et la découverte, l’approfondissement de leur humanité. Si mes livres restent relativement légers, en deçà de mes idées peut-être, c’est que je le souhaite, car je ne pense pas que l’essentiel me soit dévolu, je me devine un rôle de passerelle, d’éveilleur en douceur. Une arrière-pensée qui me guide dans le choix de mes articles, de mes scénarios, de mes essais, de mes nouvelles, de mes contes ou de mes romans. Car si j’accepte avec joie certaines commandes ou certaines collaborations, j’en refuse d’autres sans sourciller.

Où me situer ? Je crois que le champ du roman est occupé par trois grands types de cultivateurs : les écrivains, les romanciers et les hybrides. Les premiers s’intéressent surtout à la manière de rapporter un contenu, les deuxièmes privilégient ce contenu. Modiano, par exemple, est un écrivain talentueux que l’on goûte à la phrase, à la page. Il possède le don rare d’une musique personnelle. Bernard Werber, au contraire, pratique le degré zéro de l’écriture mais travaille ses intrigues avec soin, part explorer des mondes et nous les présente avec passion. On ne déguste pas une page de Werber mais on dévore l’un de ses chapitres. Est-il moins intéressant que Modiano ? Non, mais il ne pratique peut-être pas le même métier. Quant aux hybrides – ou devrait-on dire les synthétiques, les polymorphes, les romanciers/écrivains ? -… ils sont ma vraie famille, mon idéal.

Quels sont mes phares ?

L’Epopée de Gilgamesh, L’Odyssée, Œdipe, La Bible, Le Roman de Perceval.

Shakespeare davantage que Racine, Corneille ou Molière.

Le Puits et le pendule de Poe ou Les Elixirs du diable d’Hoffmann. Wilkie Collins, bien sûr, que j’aime comme un père. Dracula ou Sa Majesté des mouches.

Palliser, Fowles, Pears mille fois au-dessus d’un Eco.

James Ellroy, le monstre, auquel je ne vois pas d’égal depuis… Shakespeare.

Inspiré par ces romanciers/écrivains, je tente avec humilité mais ténacité, avec passion souvent, de travailler toutes les composantes d’un récit. A l’avant-plan, l’intrigue passe peut-être pour ma priorité. De fait, je la veux attractive, captivante, et je passe de longues semaines immergé dans les diverses moutures du synopsis. Mais l’univers de la fiction est en général mon premier coup de cœur. L’envie de vivre dans un certain décor, de partager des contenus qui m’ont troublé, de présenter des personnages émouvants. Des mois de recherches, parfois plus. Par ailleurs, la manière de narrer accapare vite mon attention et j’aime offrir différents niveaux de lecture, multiplier les angles d’accès à l’histoire occulte du livre. Enfin, la mise en texte ne se limite pas à une simple formalité, comme dans le cas d’une Higgins-Clark ou même d’un Werber. Non, le passage à l’écriture est la récompense finale, la jouissance suprême. Après des mois passés à accumuler des informations et d’autres à tisser un squelette d’histoire et les balises d’un mode narratif, je me laisse emporter par la griserie du rêve et des mots, le texte m’échappe, se réinvente, me surprend. La raison a élaboré un cadre, le cœur en explore les limites et les fait parfois exploser.

Dennis Price, l’ex-future plus grande star du cinéma british

Pour les vacances de Noël 06/07, j’avais préparé des dizaines de vieux films des années 60, 50, 40 et même 30. Pourquoi ? Le but était double : nous offrir une ambiance magique pour 15 jours en abolissant l’ancrage temporel pour nous projeter dans une parenthèse enchantée ; proposer une expérience culturelle en tentant de sentir l’évolution de la narration, du jeu, l’irruption du talent, du génie.

De fait, les Grands étaient au rendez-vous. Fritz Lang avec Le Testament du Docteur Mabuse ou Le secret derrière la porte, Orson Welles avec La puissance du Mal, les premiers Chabrol avec Le boucher ou Les biches, Jacques Tourneur avec L’homme-léopard, Hitchcock surtout avec le coffret de sa fantastique série Hitchcock presents (55 à 62) mais aussi Sabotage ou Agent secret, Lifeboat, Correspondant 17, La corde… D’autres encore, dont un vieux film britannique, Noblesse oblige (1949).

Ce dernier film, remarquable, doit une partie de sa légende aux mille et un rôles endossés par le grand Alec Guiness. Et c’est… injuste ! Non que sir Alec ne soit pas à… sa propre hauteur mais… le véritable prodige du film est ailleurs, un extraordinaire Dennis Price, que je ne connaissais nullement.

Comme je le fais désormais régulièrement, j’ai donc approfondi la vision du film par quelques recherches sur Internet. Car je ne comprenais pas. Ce type m’avait semblé tout simplement prodigieux, nimbé de ce halo magique qui entoure George Sanders ou le Cary Grant de la maturité, Ingrid Bergman ou Monica Vitti.

Dennis Price. Un inconnu. Interrogez 1 000 personnes. Aucune ne connaît. Sur 100 000, peut-être. 1 000 000, même pas sûr.

Pourtant. Je lis. Et… Je ne me suis pas trompé ! Oui, de son temps, il a été reconnu, célèbre, pressenti pour devenir… LA PLUS GRANDE STAR BRITANNIQUE de tous les temps. Et puis la vie… On prend un mauvais chemin, on fait de mauvais choix et…

La vie est cruelle. Tout le monde connaît Tom Cruise ou Harrison Ford, ils ont une présence, bien sûr, et ne sont pas là par hasard, mais… Au départ, ils n’ont même pas un centième du talent d’un Dennis Price. Ou d’un George Sanders, d’un Anthony Quayle (qui, eux, heureusement, comptent pour le cinéphile !). Objectivement.

Et il y en a tant, des talents, petits ou grands, immenses parfois, qui passent à côté d’eux-mêmes, de nous…

Un petit coup de cafard !

Et si on faisait tous un effort pour ouvrir les yeux et jouer les orpailleurs, découvrir ce qui est Beau, Bon et Bien… et le faire connaître !

Donc, je vous dis : courez visionner Noblesse oblige ! et savourez Dennis Price. Et, dans la foulée, redécouvrez le merveilleux Heaven can wait de Lubitsch. Qui, dans le registre de la comédie animée (de anima, l’âme !) a fait mieux ?

(mai 2007)

Sites amis

www.lecri.be : le site de mon éditeur Le Cri, en cours de remplacement par un site tout nouveau.

– http://www.nikolaslist.com/?lg=fr : le site de mon collaborateur et ami, l’illustrateur et cinéaste Nikolas List.

www.maelstromreevolution.org : l’éditeur de mes deux contes illustrés (par Nikolas List), un site joyeusement animé par David Giannoni et ses complices.

http://www.facebook.com/pages/Boutique-librairie-maelstr%C3%96m-4-1-4/122730284454715 : la Boutique Maelström, librairie et lieu d’évènements de mon éditeur  Maelström, juste à côté du Senghor, idéalement située.

– www.indications.be qui devient http://karoo.me/: une revue littéraire dynamisée par les très compétents Thierry Leroy et Lorent Corbeel, qui multiplie les initiatives pour initier les jeunes à l’Art et à la critique, une sorte de forge intellectuelle. Vous pouvez y lire en ligne, sous le nom de Philippe Remy, plusieurs de mes analyses littéraires parues dans la revue (en solo ou en collaboration avec Gisèle Wilkin ou Julien-Paul Remy) et même un article inédit à l’usage spécifique du site, consacré au chef-d’oeuvre Kafka sur le rivage d’Haruki Murakami (en collaboration avec Joëlle Maison).

– http://www.facebook.com/pages/Joli-Mai-librairie/359817150739313 : la jolie librairie qui sert de point d’ancrage à l’édition indépendante. Lieu convivial et très dynamique. Présentations publiques, etc.

– www.phebus-editions.com : un très grand éditeur parisien, celui de La Chambre close mais aussi de Wilkie Collins et Charles Palliser, de Joseph O’Connor ou Mathieu Terence.

– www.bayardpresse.com : magnifique éditeur pour la jeunesse, celui de Las Casas mais aussi de Je bouquine ou J’aime lire.

 – www.photoflash.be : le site de mon ami photographe Alain Forthomme, qui m’a consacré un reportage photos (séance de dédicaces chez Libris/Fort Jaco en 2007) et présente gentiment mon travail.