
QUATRIEME
(présentation courte)
Quand Christian Lutz, le fondateur des éditions Samsa, propose à Philippe Remy-Wilkin un numéro spécial de la revue Que Faire ? dédié à ses articles littéraires, celui-ci découvre approcher les 450 articles et dossiers publiés, et donc disposer de milliers de pages quand on lui en ouvre plus ou moins 120.
Que faire (c’est le cas de le dire) ? Une évidence s’impose. Revisiter les fondations d’une deuxième carrière au service des Lettres, commencée en 2001 alors que l’auteur était déjà édité, comme créateur de fiction, depuis 1989, en Belgique, en France, en Italie ou en Espagne.
Ce numéro spécial va donc se limiter à la phase Indications/Karoo de notre commentateur, tout en y opérant une sélection rigoureuse, conservant 29 des 114 articles publiés durant les années 2001-2017. C’est qu’il s’agit ici de remonter le fil d’une quête, où le Graal s’apparente aux livres d’or et à l’or des livres.
« En revisitant ces années et les numéros des revues Indications et Karoo, je suis fasciné par le côté « pépinière » de talents des deux supports. On voit défiler de futurs auteurs/autrices, de futurs responsables littéraires.
Indications et Karoo ont joué un rôle de passerelle essentiel, qui mérite un hommage ! »
Avant d’éventuellement commander le livre, on peut le parcourir et même le lire en version numérique gratuite :
PRÉAMBULE
(présentation longue)
Quand Christian Lutz, le fondateur des éditions Samsa, me propose un numéro spécial de la revue Que Faire ? dédié à mes articles littéraires, je ne suis pas immédiatement enthousiaste. Honoré, certes, mais pas ravi. Pourquoi ? À côté de mes sillons de création et d’édition, j’ai creusé celui de la médiation, approchant les 450 articles et dossiers publiés. Pétrifié, je réalise disposer de milliers de pages quand Christian m’en ouvre plus ou moins 120. Écarter les reportages sur des happenings, les feuilletons sur les histoires de la musique, du cinéma ou des séries télé ne suffira pas.
Une évidence s’impose. Revisiter les bases de cette carrière, commencée en 2001, alors que j’étais déjà auteur depuis 1989, édité en Belgique, en France, en Italie ou en Espagne. In fine, le challenge tombe au meilleur moment : je digère une première année comme directeur littéraire et 6 livres accouchés ; j’ai publié, comme auteur, une dizaine de livres en six ans ; je tente de rééquilibrer mes activités, de mesurer ma trajectoire.
Revisiter. Tout débute par la grâce d’un homme, Michel Torrekens, auteur et journaliste. Il a aimé et commenté mon premier roman, me propose de devenir critique dans la revue Indications, une institution fondée en 1943. Je n’ai jamais envisagé cette voie mais elle me permet de naviguer entre les caps de la planification et du lâcher-prise, une distorsion élevée au rang de credo ; je serai amené à croiser des auteurs, des livres que je n’aurais pas choisis spontanément, à sortir donc de mes sentiers battus ; je pourrai débrider ma plume, la confronter à l’expérimentation.
Indications, donc, et un bel accueil par la rédactrice en chef Marie-Pierre Jadin. Je suis bien entouré : Colette Nys-Mazure, Marie-Clotilde Roose, Geneviève Bergé, Michel Torrekens, Thierry Detienne, d’autres encore…
Les trois premières années, mes collaborations sont ponctuelles mais j’y mets tout mon cœur, je retrouve avec plaisir l’ambiance rédactionnelle connue comme scénariste. Marie-Pierre, un jour, m’écrit qu’elle me trouve un don : je percevrais les arcanes des œuvres, les desseins des auteurs. Le compliment m’encourage, inscrit dans une certaine continuité intuitive : l’analyse était ma branche préférée en primaires, les versions latines et grecques en humanités.
Deuxième temps. Vers 2004, Thierry Leroy intègre la direction de la revue et l’oriente davantage vers la jeunesse. Il a confiance en moi et me délègue des articles qui lui tiennent à cœur. Je joue le jeu, me lâche un peu, mes recensions déploient une conception du roman, une philosophie aussi, lovée autour d’une nouvelle distorsion, entre le grand large (des auteurs étrangers, du passé) et la proximité (des auteurs belges, contemporains).
Troisième temps. Lorent Corbeel succède à Thierry et poursuit la mutation. En 2014, Indications cède la place à Karoo, la revue papier à un webzine. Je deviens le contributeur extérieur le plus prolifique des premières années. Mais je parle désormais cinéma, séries télé, musique… Je m’éclate côté arts du vivant mais suis à l’étroit dans mes aspirations littéraires. Dans la foulée d’un grand basculement. J’ai entamé la nouvelle aventure avec un dossier sur les lettres belges, une interview d’éditeur suivie de 5 analyses de livres. Une prise de conscience s’approfondit, se densifie : les lettres belges sont très riches mais bénéficient de peu d’écho ; avant de se plaindre, il faut montrer l’exemple, apporter son obole au faire-savoir du microcosme, pour les parties en amont (créateurs, éditeurs) et en aval (lecteurs) ; un article inventif et positif peut être une sorte d’oasis pour un créateur, où il va se désaltérer, reprendre les forces nécessaires à la suite du voyage.
Quatrième temps. Je crée un blog complémentaire dès 2014 mais me vois happé en 2017 par Les Belles Phrases d’Éric Allard (la référence indépendante), en 2018 par Le Carnet et les Instants (la référence institutionnelle), par d’autres revues ensuite (La Revue générale, Que Faire ?). Mais tout cela appartient à une autre histoire, qui a abouti à des essais sur Jacques De Decker et Vincent Engel.
Dans ce numéro spécial, je vais me limiter à ma phase Indications/Karoo, tout en y opérant une sélection, conservant 29 des 114 articles publiés durant les années 2001-2017, ceux qui me paraissent, à tort ou à raison, les plus gorgés de sens.
SOMMAIRE : 29 ARTICLES
Joseph O’CONNOR, Inishowen, roman, Paris, Phébus, 2001, 518 pages. Traduit de l’anglais (Irlande) par P. Masquart et G. Meudal.
Daniel ADAM, Lucid Casual, roman, Jambes, Le Hêtre Pourpre, 2001, 122 pages.
Thomas GUNZIG, Il y avait quelque chose dans le noir qu’on n’avait pas vu, recueil de nouvelles, Paris, J’ai lu, 2000, 155 pages.
Jean-Christophe GRANGÉ, La Ligne noire, roman/thriller, Paris, Albin Michel, 2004, 506 pages.
Jean-Luc OUTERS, Le Bureau de l’heure, roman, Arles, Actes Sud, 2004, 297 pages.
Martin WINCKLER, Les Trois Médecins, roman, Paris, P.O.L., 2004, 513 pages.
James ELLROY, Le Dahlia noir, roman/thriller, Paris, Rivages, 2005, 488 pages.
Les éditions MAELSTRÖM – Une interview de David GIANNONI.
Rossano ROSI, De gré de force, roman, Paris/Bruxelles, Les Impressions Nouvelles, 2005, 158 pages.
Patrick ROEGIERS, Le Cousin de Fragonard, roman, Paris, Seuil, 2006, 217 pages.
Kate ATKINSON, Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux, roman, Paris, de Fallois, 2006, 411 pages. Traduit de l’anglais (Écosse) par Isabelle Caron.
Sarah WATERS, Ronde de nuit, roman, Paris, Denoël, 2006, 592 pages. Traduit de l’anglais (Pays de Galles) par Alain Defossé.
Julian BARNES, Arthur et George, roman, Paris, Mercure de France, 2007, 560 pages. Traduit de l’anglais (GB) par Jean-Pierre Aoustin.
Fédor DOSTOÏEVSKI, Crime et Châtiment, roman, Arles, Actes Sud, coll. Babel, 1996, 480 pages (tome 1) et 494 pages (tome 2). Traduit du russe par André Markowicz.
Haruki MURAKAMI, Kafka sur le rivage, Roman, Paris, 10/18/Belfond, 2007, 638 pages. Traduit du japonais par Corinne Atlan.
Mark TWAIN, Aventures de Huckleberry Finn, roman, Auch, Tristram, 2008, 438 pages. Traduit de l’anglais (E.U.) par Bernard Hoepffner.
Mathieu TERENCE, Technosmose, roman, Paris, Gallimard, 2007, 236 pages.
Colum McCANN, Et que le vaste monde poursuive sa course folle, roman, Paris, Belfond, 2009, 431 pages. Traduit de l’anglais (Irlande) par Jean-Luc Piningre.
GUDULE, Le Club des petites filles mortes, intégrale des romans fantastiques, volume 1, Paris, Bragelonne, 2008, 670 pages.
James ELLROY, Underworld USA, roman, Paris, Rivages, 2010, 841 pages. Traduit de l’anglais (EU) par Jean-Paul Gratias.
Auguste de VILLIERS DE L’ISLE-ADAM, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, col. La Pléiade, 1986, 1657 pages (tome 1) et 1780 pages (tome 2).
Rossano ROSI, Stabat Pater, roman, Paris/Bruxelles, Les Impressions Nouvelles, collection Traverses, 2012, 190 pages.
Armel JOB, Le Bon Coupable, roman, Paris, Robert Laffont, 2013, 301 pages.
J.M. COETZEE, Une enfance de Jésus, roman, Paris, Seuil, 2013, 377 pages. Traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Catherine Lauga du Plessis.
Les éditions M.E.O. – Rencontre avec Gérard ADAM.
Sylvie GODEFROID, L’Anagramme des sens, roman, Bruxelles, Avant-Propos, 2013, 202 pages.
Kelly BRAFFET, Sauve-toi !, roman/thriller, Rodez, Rouergue/Noir, 2015, 325 pages. Traduction de l’anglais (États-Unis) par Sophie Bastide-Foltz.
Giuseppe SANTOLIQUIDO, L’Inconnu du parvis, roman, Bruxelles/Paris, Genèse, 2016, 126 pages.
Patrick DELPERDANGE, Le Cliquetis, roman, Bruxelles/Paris, Genèse, 2016, 188 pages.
